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Les 5 techniques qu'utilisent les photographes professionnels

En pleine journée, vous êtes face à une scène incroyable. Votre appareil photo est prêt, le triangle d’exposition est parfait, vous avez le meilleur angle de vue et vous déclenchez plus vite que votre ombre. Fier de vous, vous regardez le résultat pour découvrir avec horreur que votre photo est… jaune ! Mais qu’a-t-il bien pu se passer ? D’après moi, il semblerait que votre balance des blancs n’ait pas été correctement réglée. Je vous entends d’ici vous écrier : « Quoi, encore un nouveau réglage photographique auquel penser ! » Pas de panique, cela n’est pas si sorcier. Croyez-moi, à la fin de cet article vous serez incollable sur la balance des blancs.

Qu’est-ce que la balance des blancs ?


Définition

Avez-vous déjà remarqué que certaines photos prises en intérieur semblent être jaune-orange et que d’autres, prises en extérieur paraissent parfois bleutée. Cette dominance de couleur provient d’une mauvaise balance des blancs.

Ce phénomène de couleur bleutée ou orangée provient de la source de lumière originale. Par exemple, une ampoule incandescente produit généralement une lumière jaune-orange, alors qu’un flash ou une lampe à LED donne une couleur plus bleutée.

Vous aurez sûrement remarqué qu’en extérieur, la lumière change, parfois rapidement, selon le moment de la journée et la couverture nuageuse. La lumière est plus chaude, c’est-à-dire dans les tons jaune-orange, le matin et par temps dégagé, et devient plus froide en milieu de journée ou lorsque le soleil disparait derrière les nuages.


Comprendre l’échelle de Kelvin

Pour quantifier la lumière, on utilise l’échelle de Kelvin qui permet de déterminer la température d’une couleur. Une lumière chaude a une température faible, comprise entre 1 000 et 5 000 degrés Kelvin (K).

Une lumière froide a, quant à elle, une température élevée, généralement comprise entre 7 000 et 9 000 K. La lumière neutre, celle sur laquelle on se base pour définir la balance des blancs se situe généralement entre 6 000 et 7 000 K.

Il est très difficile de détecter ces changements de température de couleur à l’œil nu, car notre cerveau les compense automatiquement. L’appareil photo numérique par contre, n’est pas capable de détecter seul ces variations. C’est pourquoi il a parfois besoin d’un petit coup de pouce de la part du photographe.


Pourquoi régler la balance des blancs ?

Comme nous venons de le voir, la couleur blanche peut se révéler bleutée ou jaunie sur vos clichés en fonction de la luminosité ambiante. Pour qu’elle paraisse bien blanche, il va falloir indiquer à votre appareil photo ce qu’est un blanc. Sans ce réglage, vous n’obtiendrez pas une restitution fidèle des couleurs sur vos clichés.

En réglant la balance des blancs sur votre appareil photo, vous réchauffez ou refroidissez la température des couleurs, selon l’échelle de Kelvin, dans le but d’obtenir une photo finale aux couleurs proches de la réalité.

Il s’agit donc de rééquilibrer l’échelle de Kelvin pour que les couleurs de l’image paraissent les plus naturelles possible. Pour cela, vous pouvez vous aider de votre appareil photo ou passer par un logiciel de retouche d’images. Voyons cela de plus près dans la prochaine partie.


Comment régler la balance des blancs ?

En mode automatique

Si votre boîtier est réglé en mode balance des blancs automatique, vous ne devriez pas avoir à vous préoccuper de cette fonction. Si vous n’êtes tout de même pas satisfait par la manière dont l’appareil a réglé les blancs, vous pourrez sélectionner des modes préréglés.

Parmi ces préréglages, vous trouverez sur presque tous les appareils photo numériques reflex ou hybride les modes :

  • Incandescent : lorsque la scène n’est illuminée que par un éclairage artificiel ;
  • Fluorescent ou Tungstène : pour les lumières de type halogène, à vapeur de sodium ou de mercure, par exemple ;
  • Ensoleillé : pour les jours de beau temps ;
  • Nuageux : pour les jours de mauvais temps ;
  • Ombre : pour les photos prises à l’extérieur ombragé, en forêt notamment ;
  • Flash : pour les photos prises avec un flash électronique.

Pour régler ce mode, il vous suffit d’aller dans le menu WB pour White Balance et de sélectionner AWB pour Automatic White Balance.


En mode manuel

Certes, le mode automatique est pratique quand on débute en photographie. Mais pour vous qui souhaitez devenir un photographe professionnel ou un amateur averti, je recommande de passer au mode manuel dès que possible.

Dans ce cas, c’est à vous d’indiquer à votre appareil photo ce qu’est un blanc. Aidez-vous d’une simple feuille blanche pour étalonner votre appareil. Vous pouvez également vous aider d’une charte de gris. Il s’agit d’un petit carton d’une couleur neutre, en l’occurrence un gris à 18 %.

Chaque boîtier est différent. Je vous recommande donc de bien lire votre notice d’utilisation pour savoir comment régler manuellement la balance des blancs de votre appareil.

Généralement, il suffit de positionner votre feuille blanche ou votre couleur de neutre devant votre appareil et photographiez. Allez dans votre menu et choisissez la fonction WB pour White Balance. Puis sélectionnez « Choisir la température de couleur ».


RAW ou JPEG ?

Notez que vos réglages seront différents que vous photographiiez en RAW ou en JPEG. Régler la balance des blancs est essentiel si vous shootez en JPEG et que vous n’avez pas l’intention de passer par la case post-traitement.

Mais si vous faites vos prises de vue en RAW, ne vous embêtez pas avec les blancs. En effet, le format RAW ne peut être lu tel quel et il faudra obligatoirement passer par un logiciel de retouche (comme Photoshop, Lightroom, etc.) pour obtenir une belle image. Vous réglerez alors la température de vos couleurs à ce moment-là.


Le post-traitement

Comme nous venons de l’évoquer, il est indispensable de traiter les images prises en RAW. Ce format d’image est inexploitable et il est donc nécessaire de retoucher les couleurs et les blancs afin d’en tirer une photo de grande qualité.  

Bien entendu, il est également possible de rattraper une image JPEG dont les couleurs sont trop chaudes ou trop froides. Oui, mais à condition de ne pas trop forcer sur la retouche, car contrairement au RAW, le JPEG se dégrade rapidement en postproduction.

Dans votre logiciel de retouche, aidez-vous de l’histogramme pour déterminer si les couleurs de votre image sont trop chaudes ou trop froides.

Puis à l’aide de la pipette de balance des blancs, sélectionnez une zone de référence afin que l’outil informatique comprenne qu’il s’agit là d’un blanc. Enfin, les couleurs de votre image seront automatiquement neutralisées et la photo retrouvera ses belles couleurs d’origine.  

Attention cependant, car une image neutre n’est pas forcément belle. Une fois que vous aurez balancé les blancs, n’hésitez pas à jouer avec les curseurs de couleur afin de rééquilibrer la chaleur de vos photos.  


Qu’est-ce que la teinte d’une photographie ?

Plus sournoise que la température de la couleur (allant du jaune orangé au bleu), la teinte d’une image lui donne une couleur verdâtre ou magenta. Cette teinte est très difficile à prévoir et à corriger par une balance des blancs réglée sur l’appareil photo.

La teinte est généralement produite par un éclairage artificiel, comme des LED ou des néons. Ces lumières n’émettent pas toutes les couleurs du spectre lumineux comme le soleil. Puisqu’il manque certaines couleurs, les images se teintent de vert ou de magenta.

Fort heureusement, il est assez facile de corriger ces teintes disgracieuses en postproduction grâce à la pipette des blancs, comme nous l’avons vu plus haut. De ce fait, si vous shootez dans un endroit éclairé aux néons, comme dans une cuisine ou un magasin, pensez à shooter en RAW. Ainsi, la retouche sera simple et non destructive.


Utiliser une mire étalonnée

Qu’est-ce qu’une mire étalonnée ?

Une mire est une charte de couleur qui permet d’être sûr de ses couleurs. Sa surface renvoie parfaitement la lumière vers l’appareil photo et permet d’effectuer une balance des blancs totalement équilibrée.


Comment l’utiliser ?

Positionnez votre mire étalonnée bien en évidence et prenez une photo témoin. Allez ensuite dans le menu des réglages de votre appareil photo numérique reflex ou hybride et sélectionnez la zone où se trouve la charte colorée (ou blanche) et définissez votre couleur de référence.

Une fois ce réglage réalisé, procédez au shooting comme à votre habitude. L’appareil se basera automatiquement sur la couleur enregistrée pour déterminer la chaleur de vos images selon l’échelle de Kelvin.

Vous pouvez également vous servir de l’image témoin réalisée avec la mire étalonnée pour retoucher vos images avec votre logiciel de traitement d’images. Pour cela, sélectionnez la balance des blancs sur cette première image et appliquez vos réglages sur les images suivantes.

Exemples pour comprendre la balance des blancs 


Dîner aux chandelles

Ce soir, c’est votre anniversaire de mariage. Votre moitié a mis les petits plats dans les grands : une bouteille de champagne repose dans un sceau de glace, un délicieux fumet s’échappe de la cuisine et la pièce est romantiquement éclairée d’une myriade de bougies.

Il vous faut absolument immortaliser ce moment magique. Vous vous précipitez sur votre appareil, réglez comme il se doit l’ouverture du diaphragme, la vitesse d’obturation et les ISO, vous soignez la mise en scène et mettez le retardateur en place pour que l’être aimé et vous-même puissiez prendre la pose.

Mais en découvrant la photo le lendemain, vous vous rendez compte que celle-ci est orange et que vos visages ont l’air d’avoir été barbouillés d’autobronzant de mauvaise qualité. Pas de panique, vous savez maintenant rattraper ça !

Chargez l’image sur votre ordinateur et ouvrez votre logiciel de retouche préféré. Sélectionnez une zone blanche, le mur ou la nappe de la table par exemple, à l’aide de la pipette de balance des blancs et rectifiez le tir.

La prochaine fois, pensez à régler votre balance en même temps que votre triangle d’exposition. Vous pourrez sélectionner le mode automatique « Incandescent » (ou bougie sur certains appareils) ou modifier l’échelle de Kelvin manuellement si vous en avez l’habitude.


Jour de tempête

Aujourd’hui, il y a tempête ! La mer est déchaînée et vous vous dites qu’il y a vraiment de magnifiques photos de vagues brisées sur la digue à faire. Ni une ni deux, vous enfilez votre imperméable et saisissez votre appareil photo (assurez-vous qu’il soit bien tropicalisé quand même).

Puisque vous êtes désormais un photographe averti, vous savez que par ce temps, la lumière risque d’être froide et plutôt haute sur l’échelle de Kelvin (autour de 9 000 K). Qu’à cela ne tienne, vous sélectionnez d’abord le mode nuageux puis vous faites quelques essais.

L’effet obtenu est bon, mais toujours un peu trop bleuté à votre goût. Vous passez donc en mode manuel et réchauffez vos couleurs en indiquant à votre appareil que vos blancs se situent autour de 8 000 K. Grâce à cette technique, vous obtenez de magnifiques images de vagues parfaitement exposées.


Ce qu’il faut retenir de la balance des blancs

Vous savez maintenant tout ce qu’il faut savoir sur la balance des blancs. Vous avez compris que cette fonction permet d’obtenir de belles couleurs naturelles et d’éviter que celles-ci ne paraissent jaunes ou bleues.

Vous savez également vous repérer sur l’échelle de Kelvin et avez sûrement saisi comment faire vos réglages :

  • en sélectionnant un mode automatique afin que l’appareil photo calcule seul l’échelle de couleur ;
  • en sélectionnant manuellement vos blancs ;
  • en modifiant la balance en post-traitement.

Selon les conditions de lumières, shooter en RAW est plus avantageux qu’en JPEG, car il est alors plus facile de réparer les couleurs qui auraient été mal balancées.

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