Tous les photographes, qu’ils soient professionnels ou amateurs, y sont confrontés un jour ! Je veux bien sûr parler du manque de luminosité. En photographie d’intérieur, il s’agit évidemment d’un problème récurrent. Souvent, on se bat avec nos réglages pour trouver la bonne exposition, on essaye de trouver le bon triangle d’exposition, on tente un mode semi-automatique, puis on capitule et on passe au mode automatique ou on sort le flash. Mais alors, comment photographier en intérieur ? Heureusement, il existe toute une palette de techniques à notre disposition pour obtenir une photo bien exposée en mode manuel, même en cas de faible luminosité. Matériel photo, techniques, astuces… Aujourd’hui, je vous dis tout sur la photo d’intérieur !

Quel matériel privilégier pour photographier en intérieur ?

Quel objectif pour votre appareil photo ?

Pour photographier en intérieur, commencez par monter un objectif très lumineux sur votre appareil photo reflex ou hybride. L’idéal est d’avoir un objectif fixe ou multifocal dont le diaphragme peut s’ouvrir à f/2.8 ou f/1.4.

Vous l’aurez deviné, le but quand on photographie dans un endroit sombre est de capter un maximum de lumière. C’est pourquoi il est important que le diaphragme de l’objectif que vous aurez choisi puisse s’ouvrir au maximum afin de laisser entrer le plus de lumière possible.

 

Avez-vous besoin d’un trépied ?

La réponse est oui, dans la plupart des cas. En effet, pour que le peu de lumière présente en intérieur frappe le capteur, mieux vaut ralentir la vitesse d’obturation.

Pour rappel, un rideau est placé devant votre capteur. Il se lève et s’abaisse à une vitesse prédéfinie afin de laisser la lumière toucher le capteur et imprimer l’image. Plus le temps d’exposition du capteur à la lumière est long, plus le risque de flou de bougé est accru.

Aussi, mieux vaut installer son boîtier sur un trépied afin d’obtenir des images bien nettes. De plus, si vous comptez faire de très longues poses, je vous recommande de vous munir d’une télécommande afin de ne pas faire bouger l’appareil en appuyant sur le déclencheur.

Devez-vous absolument vous munir d’un flash ?

Personnellement, je n’utilise le flash qu’en tout dernier recours, lorsque j’ai atteint les limites de mon appareil photo. Mais quelques fois, il arrive effectivement que l’on doive ajouter de la lumière artificielle pour photographier en intérieur.

Lorsque c’est nécessaire, le flash est le moyen le plus simple pour éclairer un intérieur très sombre. Cependant, je vous invite vraiment à éviter le flash intégré à votre appareil photo. En effet, celui-ci est presque toujours de mauvaise qualité et produit généralement une lumière trop dure.

Mieux vaut donc opter pour un flash cobra. Il s’agit d’un accessoire à ajouter au sommet de votre appareil, généralement au-dessus du viseur. La lumière produite par ce type de flash est alors plus douce et donnera un effet plus naturel à votre photo.


Vous faudra-t-il passer par la case post-traitement ?

Pas forcément, mais dans certaines situations, cela peut-être une bonne option. Déjà, si vous shootez en RAW, vous n’aurez pas le choix, car une image RAW est inexploitable telle quelle et a toujours besoin d’être retouchée.

Enfin, si en consultant votre histogramme vous vous apercevez que votre cliché est sous-exposé, il vous sera alors possible d’ajuster l’exposition avec un bon logiciel de traitement.

De plus, il y a souvent du bruit numérique (sorte de poussière colorée) sur les photos d’intérieur prises au flash. Heureusement, il est relativement facile de faire le disparaître en post-traitement.


Quelles sont les techniques à appliquer pour photographier en intérieur ?

Comment gérer la faible luminosité ?

En cas de faible luminosité, la première chose que vous devez faire, c’ est de régler votre triangle d’exposition. Pour photographier en intérieur voici la démarche à suivre :

  • ouvrez le diaphragme de votre objectif photo en grand afin de laisser un maximum de lumière entrer dans l’appareil jusqu’au capteur ;
  • ralentissez le temps de pose, c’est-à-dire laissez le rideau ouvert le plus longtemps possible afin qu’un maximum de lumière frappe le capteur ;
  • augmentez la sensibilité du capteur à la lumière : montez à 3 200 ISO, voire 6 400 ISO. Évitez d’aller au-delà, car sinon le bruit numérique risque d’être beaucoup trop fort.

Sur l’écran digital ou dans le viseur de votre appareil photo reflex ou hybride, vérifiez que l’échelle d’exposition indique une valeur correcte. L’échelle d’exposition est une sorte de niveau indiquant si l’image est sur ou sous-exposée.

Lorsque le niveau est à 0, l’image est bien exposée. Si le niveau se trouve vers la gauche, dans les valeurs négatives, la photo est sous-exposée et s’il se trouve vers la droite, dans le positif, elle est surexposée.

Attention, j’attire votre attention sur le fait que l’écran arrière de votre appareil photo est rétro éclairé. Cela signifie que le rendu de la photo lorsque vous la regarderez sur l’écran ne sera pas tout à fait réaliste.

Pour savoir si la photo que vous venez de prendre est correctement exposée, reportez-vous à l’histogramme et zoomez afin de voir certains détails, comme les flous d’arrière-plan ou le bruit numérique, par exemple.

Comment faire la mise au point quand il y a peu de lumière ?

En cas de basse lumière, il peut être difficile de faire la mise au point. En effet, votre collimateur a besoin de « s’accrocher » à un élément de l’image pour faire le focus. Or, quand il y a très peu de lumière, il se peut que l’objectif « patine », c’est-à-dire qu’il tente de faire la mise au point sans y parvenir.

Dans ce cas, aidez-vous de l’assistant auto focus AF, présent sur la majorité des appareils photo, ou passez à la mise au point manuelle. Placez alors vous-même le collimateur sur un élément en relief de l’image, ou sur l’œil dominant en cas de photo de portrait, et appuyez faiblement sur le déclencheur afin de fixer la mise au point.


Comment photographier en intérieur avec un flash ?

Comme je vous l’ai dit plus haut, il est fortement déconseillé d’utiliser le flash intégré à son appareil photo, même si celui-ci est très haut de gamme. Lors d’une prise de vue dans des conditions lumineuses difficiles, vous pourrez vous permettre de monter un flash cobra sur votre boîtier pour éclairer la scène.

Idéalement, dirigez le flash vers un mur ou vers le plafond, mais éviter de le laisser éclairer directement votre sujet. En dirigeant un flash déporté vers une surface à proximité, vous diffuserez ainsi mieux la lumière et créerez un effet naturel. Une autre technique consiste à rediriger le faisceau de lumière du flash grâce à un morceau de carton blanc placé devant celui-ci.

Si vous n’avez pas de flash déporté sous la main et que vous ne voulez surtout pas utiliser le flash intégré, vous pourrez vous servir de votre smartphone pour créer une source lumineuse. Choisissez, soit de vous servir de la fonction lampe de poche, soit d’allumer l’écran en poussant la luminosité à fond et en affichant un fond blanc.


Vaut-il mieux photographier en RAW ou en JPEG ?

En cas de faible luminosité, j’aurais naturellement tendance à vous conseiller de shooter en RAW. En effet, ce format d’image est beaucoup plus flexible à la retouche. Ainsi, si votre image est sous-exposée, ce défaut sera assez facilement rattrapable grâce à un logiciel de retouche tel que Lightroom.

De même, si vous prenez vos clichés avec une lumière artificielle, flash ou flash cobra, vous pourrez facilement effacer le bruit numérique en post-traitement avec un format RAW.

Cependant, si vous être sûr de vos réglages, vous pourrez photographier en intérieur au format JPEG. Ce format est certes plus compliqué à retoucher, mais il offre une version de l’image « prête à l’emploi ». C’est-à-dire que si votre exposition est bonne, vous n’aurez pas du tout besoin de retoucher votre photo.

Quelques études de cas


Les photos de mariage à l’église

Quand on est photographe de mariage comme moi, photographier en intérieur n’a plus de secrets. En effet, l’un des challenges de notre métier est de faire de magnifiques photos dans des églises parfois très sombres.

On évite autant que possible de sortir le flash afin de ne pas déranger la cérémonie. De plus, on ne peut pas se permettre de sélectionner une vitesse d’obturation trop lente, car ce n’est pas le moment de faire poser sans bouger les mariés et leurs invités.

Il faut donc trouver une vitesse suffisamment rapide pour ne pas avoir de flou de bougé et suffisamment lente pour capter la bonne quantité de lumière.

Ainsi, pour photographier à l’église en mode manuel, je vous recommande les réglages suivants :

  • sensibilité ISO : jamais au-dessus de 6 400. Selon les églises, vous pourrez vous contenter de 1 600 ou 3 200 ISO ;
  • ouverture du diaphragme : choisissez toujours la plus grande ouverture disponible sur votre objectif ;
  • vitesse d’obturation : évitez de descendre en dessous de 1/125e de seconde au risque de voir apparaître un flou de bougé.

Si vous n’êtes pas sûr de vous, passez en mode semi-automatique « priorité vitesse », ou mode S. Ainsi, vous n’aurez qu’à régler votre vitesse manuellement et votre appareil photo se chargera du reste.

Enfin, essayez d’entrer dans l’église quelques minutes avant l’arrivée des mariés. Ainsi, vous pourrez faire quelques tests et prérégler votre triangle d’exposition.


Les photos de portrait

Si vous devez prendre une photo de portrait en faible luminosité et que vous ne souhaitez pas passer par le mode manuel, je vous recommande de passer au mode semi-automatique « priorité ouverture », ou mode A. Ainsi, vous réglerez la taille du diaphragme de votre objectif en priorité.

En portrait, il est important de créer un beau flou d’arrière-plan afin de mettre correctement votre sujet en valeur. Une grande ouverture à f/1.4 ou f/2.8 sera donc parfaite.

Cependant attention si vous prenez une photo de groupe, car si toutes les personnes ne sont pas sur le même plan, seule la personne sur laquelle vous aurez fait la mise au point sera nette avec une très grande ouverture.

Dans ce cas, deux choix s’offrent à vous : soit vous demandez à toutes les personnes de s’aligner sur le même plan, soit vous réduisez un peu l’ouverture du diaphragme. Si vous êtes en mode manuel, n’oubliez pas de rééquilibrer votre triangle d’exposition en diminuant le temps de pose et en montant les ISO.


Soyez créatif

Enfin, faîtes jouer votre créativité ! Vous voulez photographier en intérieur et la lumière vous manque ? Tant mieux, c’est l’occasion de créer des clichés uniques.

Servez-vous du sabre laser en jouet de votre neveu ; utiliser une liseuse pour éclairer le visage de votre sujet ; approchez-vous de la fenêtre ; allumez les bougies ou faîtes un feu dans la cheminée… Je vous assure que les idées ne manquent pas !

Bref, le plus important n’est pas d’avoir une image parfaitement exposée, mais d’être capable de jouer sur les contrastes. Pensez aux peintres Rembrandt et Latour, auraient-ils été si célèbres s’ils n’avaient pas joué sur les clairs-obscurs ?


En bref

Voilà, vous savez désormais photographier en intérieur ! Vous avez compris qu’il vous faudra jouer sur le triangle d’exposition pour faire entrer le peu de lumière disponible jusqu’à votre capteur.

Vous avez également saisi qu’il vous faudra quelques fois vous munir d’un flash cobra et éviter le flash intégré autant que possible. Vous saurez aussi choisir entre le format RAW et le format JPEG. Enfin, vous pourrez à présent réaliser de superbes photos de mariage à l’église ainsi que de beaux portraits.

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Charles-Antoine
Charles-Antoine

Photographe professionnel