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Les 5 techniques qu'utilisent les photographes professionnels

Mince, votre dernière photo prise en mode manuel est beaucoup trop sombre… Vous réglez vite fait la vitesse d’obturation, ouvrez le diaphragme de l’objectif photo de 3 ou 4 diaphs et déclenchez à nouveau. Cette fois, l’image est bien trop claire, quelle galère ! Il faut dire que vous êtes en plein soleil et que vous ne voyez quasiment rien sur l’écran de votre appareil photo numérique. Et si je vous disais qu’en un coup d’œil, vous pouvez détecter ce qui cloche dans l’exposition d’une photo grâce à l’histogramme ? Cet outil fort pratique vous permet de corriger l’exposition d’une image depuis votre appareil photo numérique ou depuis la plupart des logiciels de retouche. Lisez ce qui suit et je vous promets que vos clichés ne seront plus jamais mal exposés !


L’histogramme… qu’est-ce que c’est que ça ?

Quelle est la définition du terme « histogramme » ?

Voici ce que nous en dit le dictionnaire : « En photographie numérique, il s’agit de la représentation graphique des pixels qui composent un cliché. Ces derniers sont répartis en fonction de leur tonalité et de leur luminosité. » Un peu barbare comme définition, n’est-ce pas ?

Véritable carte d’identité d’une photographie, il s’agit tout simplement d’un graphique permettant de vérifier l’exposition d’une photo et de la corriger, si besoin. Il faut dire que depuis l’avènement de la photographie numérique, les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour vous permettre de prendre des clichés frisant la perfection (même si on sait bien qu’elle n’est pas de ce monde).


À quoi ressemble cet outil pratique ?

Il se présente sous la forme d’un graphique fait de courbes et de pics représentant les tonalités de couleurs d’une image. Selon que la courbe est disposée à gauche, à droite ou au centre, elle vous indique quels sont les tons dominants et les nuances les plus présentes sur votre cliché.

Les pics, quant à eux, mesurent la quantité de pixels existants pour une teinte donnée. Plus le pic est haut, plus la présence de cette teinte est importante. Vous pensez que je vous parle en chinois ? Pas de panique, je vais y revenir en détail plus bas !

 

histogramme photo
L’histogramme est en haut à droite sur votre logiciel de retouche


Pourquoi utiliser un graphique en photographie ?

Ce type de graphique a été conçu pour éviter la surexposition, c’est-à-dire des images trop claires, et la sous-exposition, donc des images trop sombres. Grâce à une courbe et à quelques pics judicieusement placés, vous savez en une seconde si votre image présente un problème d’exposition ou non.

Cet outil est particulièrement appréciable si vous êtes dans un endroit où la luminosité de l’écran vous empêche de vérifier si votre photo est belle. En effet, il arrive qu’en plein soleil, l’écran soit beaucoup trop sombre et que dans l’obscurité, l’écran soit trop lumineux.

Dans les deux cas, il est impossible de juger du rendu exact d’une image et c’est pour ça que l’histogramme peut vous sauver la vie… Bon peut-être pas à ce point, mais il peut au moins vous sauver une photo !

 

Où peut-on le trouver ?

Sur votre appareil photo numérique, vous en avez forcément un caché quelque part. À vous de le débusquer en lisant la notice de fonctionnement. On le trouve souvent dans le menu. Lorsque vous venez de prendre une photo, il est généralement possible d’afficher l’histogramme sur l’écran numérique en appuyant sur une simple touche.

Il est intéressant de noter que sur les appareils photo reflex, on ne peut afficher le graphique qu’en mode lecture, donc une fois que les photos ont été prises. Cependant, sur la plupart des appareils à visée électronique, comme les appareils hybrides par exemple, on peut afficher cet outil sur l’écran arrière pendant la prise de vue.

Vous n’avez pas eu le temps de lire votre graphique pendant votre séance de photos ? Pas de problème : tous les bons logiciels de traitement d’image, comme Lightroom par exemple, en possèdent un ou plusieurs pour vous aider à faire vos retouches sur les couleurs ou sur la luminosité.


Comment lire un histogramme ?


Comprendre et interpréter le graphique

Lorsque vous regardez cet outil photographique, vous voyez une courbe allant de gauche à droite. Cette courbe est rarement linéaire, elle monte et descend au gré des différentes tonalités présentes sur votre image.

Voici comment se présente un histogramme :

  • l’axe horizontal : indique les différentes tonalités allant du plus foncé à gauche, au plus clair à droite ;
  • l’axe vertical : montre la quantité de pixels correspondant à chacune des tonalités ;
  • l’écrêtage : il s’agit ici des pics se produisant lorsque les valeurs de tons dépassent la limite du raisonnable.

 

Les images sous-exposées

Si la courbe de votre graphique est presque uniquement concentrée à gauche, cela signifie que votre image est sous-exposée. Les tons sombres sont en sur-représentation et les ombres sont probablement « bouchées », c’est-à-dire qu’elle sont totalement noires et qu’il sera impossible de les retoucher, même avec un bon logiciel de traitement des images.

comprendre l'histogramme d'une photo


Les images sur-exposées

Cette fois, la courbe est dirigée du côté droit du graphique. C’est une indication que les tons clairs, voire blancs, sont bien trop présents. On dit alors que l’image est « cramée », c’est-à-dire qu’elle présente trop de hautes lumières.

 

histogramme photographie


Les images faiblement contrastées

Si vous n’avez quasiment rien à gauche, ni à droite et que votre courbe crée un pic au centre du graphique, votre image n’est pas assez contrastée, pensez par exemple à une photo de brume. Les valeurs sont centrées dans les tons moyens, ce qui donne un aspect plat et terne à la photo. On dit alors qu’elle est « molle » et sans intérêt.

 

Les images correctement exposées

Qu’on se le dise : l’image parfaite n’existe pas et donc, l’histogramme parfait non plus ! Cependant, vous pouvez avoir une preuve mathématique que vous avez bien fait le job. En effet, si votre graphique est bien réparti de la gauche à la droite sans toucher les bords, cela signifie que vous avez suffisamment de tonalités et de contrastes : bravo !

 

Utiliser un « mauvais histogramme » à son avantage

Tout bon photographe a l’image qu’il veut faire en tête avant de dégainer son appareil. Parfois, on choisit délibérément de prendre une photo sous-exposée ou surexposée pour apporter un rendu artistique aux images.

Si c’est votre cas, n’hésitez pas à utiliser l’histogramme. Par exemple, si vous voulez faire une photo de portrait en noir et blanc où seuls quelques éléments de la personne ressortent en blanc, comme si elle sortait de la pénombre, vous avez tout intérêt à ce qu’un pic apparaisse à gauche et qu’il n’y ait presque aucun pixel sur la droite.

À l’inverse, si vous voulez prendre un jolie chaton blanc allongé devant un superbe flou d’arrière-plan provoqué par une belle journée ensoleillée, je vous conseille de miser pour une courbe concentrée sur la droite.


Comment corriger son exposition grâce à l’histogramme ?

 

Corriger une image sous-exposée

Vous l’aurez sûrement deviné, pour corriger une exposition, il faut avant tout comprendre et maîtriser le triangle d’exposition. Pour rappel, celui-ci se compose de :

  • la vitesse d’obturation : il s’agit de la vitesse à laquelle la photo va être prise, plus elle est lente, plus la lumière aura le temps de rentrer dans l’appareil ;
  • l’ouverture du diaphragme de l’objectif photo : s’il est ouvert, la lumière entrera vivement à l’intérieur du boîtier et s’il est fermé, la quantité de lumière sera bien moindre ;
  • la sensibilité ISO : qui représente la sensibilité du capteur à la lumière.

Si vous remarquez que les tons sombres sont beaucoup trop présents sur votre photo, ouvrez le diaphragme, réduisez légèrement la vitesse d’obturation et augmentez la sensibilité ISO dans la limite du raisonnable. Ceci afin de faire en sorte qu’une quantité plus importante de lumière frappe votre capteur et que l’image ainsi obtenue soit moins sombre.


Corriger une image surexposée

Contrairement à ce que je viens de vous indiquer, il va falloir cette fois-ci diminuer la luminosité pour que l’image s’assombrisse un peu. Alors, refermez le diaphragme, augmentez le temps de pose et baissez la sensibilité ISO autant que possible.

Il est intéressant de noter qu’il est toujours plus facile de rattraper en post-production une photo sous-exposée qu’une image surexposée. Mieux vaut donc sous-exposer légèrement votre image si vous n’êtes pas sûr de vous.

 

Les modes d’histogrammes

Il est généralement possible d’afficher les graphiques de deux façons :

  • en mode luminosité : dans ce cas, vous ne verrez qu’une seule courbe blanche qui contrôle toute l’exposition ;
  • en mode RVB : ici, trois autres graphiques apparaîtront, correspondant aux trois couleurs primaires qui sont le rouge, le vert et le bleu. Ce mode permet d’être plus précis et de gérer les saturations de couleur.


Astuces à connaître

En savoir plus sur le mode RVB

Lorsque vous sélectionnez le mode RVB dont nous venons de parler, quatre graphiques apparaissent sur votre écran :

  • le premier est le graphique général blanc ;
  • le second est le graphique rouge, se basant sur toutes les tonalités chaudes de l’image ;
  • le troisième est le graphique vert, pour les tonalités neutres ;
  • le quatrième est le graphique bleu, pour les tons froids.

Ces quatre courbes permettent de détecter la tonalité principale de l’image et de corriger l’exposition de certains éléments, par exemple, la couleur du ciel sur vos photos de paysage.

Si vous faites de la retouche photo, je vous conseille d’afficher le mode RVB sur votre écran. Vous pourrez ainsi affiner vos corrections et équilibrer une image tirant sur les tons chauds ou froids.

 

Vaut-il mieux shooter en RAW ou en JPEG ?

Selon que vous shootez en RAW ou en JPEG, votre graphique sera légèrement différent :

  • en RAW : il vous faudra impérativement un logiciel de post-traitement. L’idéal pour enregistrer la matière première à traiter, est d’avoir une courbe partant de la gauche et descendant en pente douce vers la droite ;
  • en JPEG : vous n’aurez normalement pas besoin de retoucher vos photos sur ordinateur. Dans ce cas, essayer d’avoir l’image la plus belle possible en évitant de sur ou sous-exposer et en ayant une courbe équilibrée.


Histogramme ou alerte de surexposition ?

Certains appareils photo vous indiquent les zones surexposées en faisant clignoter une lumière rouge sur ces zones. Dans ce cas, vous pouvez légitimement vous demander si ça vaut le coup de regarder quand même votre graphique.

Eh bien oui, ça vaut le coup, car vos graphiques seront toujours beaucoup plus précis. L’alerte de surexposition est, comme son nom l’indique, une simple alerte, mais elle ne remplace pas le graphique en lui-même qui vous donnera des précisions sur la saturation ou la sous-exposition.

 

En bref

J’en suis sûr, vous êtes désormais incollable sur les histogrammes en photo ! Vous savez maintenant ce à quoi ils servent, ce à quoi ils ressemblent et comment les lire afin de corriger l’exposition de vos photos bouchées, cramées ou molles.

Cependant, j’aimerais vous partager mon opinion sur le sujet : oui, savoir utiliser les graphiques peut s’avérer utile dans certaines circonstances, c’est indéniable. Mais surtout, ne restez pas le nez collé à eux, car ce qui compte le plus en photographie, c’est la créativité !

La courbe est trop à gauche ? Trop à droite ? Regardez d’abord le résultat avant de modifier votre image, elle est probablement magnifique même si les pics du graphique vous disent le contraire. Après tout, qu’est-ce qu’ils en savent les pics ?

Vous avez apprécié cet article ? Pensez à le partager avec d’autres photographes. Et si vous mourez d’envie d’apprendre la photo, n’hésitez pas à jeter un œil à mes programmes de formation. Je vous dis à bientôt et d’ici-là : bonnes photos !