Accès immédiat à 1H de formation OFFERTE!

Les 5 techniques qu'utilisent les photographes professionnels

Vous venez de feuilleter un livre présentant de magnifiques photographies et vous rêvez au jour où vous exposerez vous aussi ce genre de clichés. Cependant, la technique à acquérir vous semble insurmontable. C’est aussi ce que je pensais, jusqu’à ce que je m’y mette sérieusement. J’ai petit à petit surmonté les techniques de base de la photographie, avec notamment le fameux triangle d’exposition. Et vous savez quoi ? J’ai réussi ! Alors pourquoi pas vous ? J’ai d’abord commencé par m’intéresser à la sensibilité ISO puis à l’ouverture du diaphragme, pour finir par la vitesse d’obturation. Une fois ces notions intégrées, j’ai pu rapidement progresser en photographie et prendre des clichés dont je peux être fier. Lisez ce qui suit, je vais vous initier à l’un des trois piliers du triangle d’exposition : le temps de pose !

 

Qu’est-ce que la vitesse d’obturation ?

Commençons par un peu de mécanique. À l’intérieur de votre appareil, se trouve un capteur qui enregistre la lumière filtrée par l’objectif et la transforme en image. Devant ce capteur, se situe un rideau, aussi appelé obturateur.

Eh bien, la vitesse d’obturation, c’est le temps que reste ouvert ce rideau pour laisser passer la lumière jusqu’au capteur. En d’autres termes : la vitesse d’obturation, c’est du temps ! C’est pour cela qu’on l’appelle aussi temps de pose ou durée d’exposition.

 

L’obturateur

Pensez qu’à chaque fois que vous appuyez sur le déclencheur, le rideau qui se trouve devant le capteur numérique se lève et s’abat durant le temps que vous lui aurez indiqué. C’est d’ailleurs de là d’où vient ce bruit de clapet si caractéristique à la photographie.

Que vous ayez sélectionné un temps de pose de 1/8 000 de secondes ou d’une minute, le capteur sera exposé précisément à cette durée.

 

Comment fonctionne l’obturateur ?

L’obturateur est composé de lamelles disposées en quinconce. Cependant, leur disposition dépend du type d’appareil que vous possédez. Sur un appareil photo reflex traditionnel, il n’y a pas un, mais deux rideaux : un en bas et un en haut. Le rideau du bas est fermé, alors que celui du haut est replié sur lui-même.

Lorsque vous déclenchez votre appareil photo, le rideau du bas s’abaisse, laissant passer la lumière vers le capteur, puis le rideau du haut s’abaisse à son tour afin d’occulter la lumière. Finalement, les deux rideaux reprennent leur position initiale.

Plus votre vitesse d’obturation est élevée, plus les rideaux se lèvent et s’abaissent rapidement. Remarquez qu’actuellement, les appareils photo haut de gamme parviennent à 16 images par seconde en rafale ! Impressionnant, n’est-ce pas ?

 

Comment choisir la vitesse d’obturation ?

Selon votre appareil, la durée d’exposition maximum sera de 1/8 000e de seconde ou 1/4 000e de seconde. Le minimum sera de 30 ou 60 secondes, mais je vais vous transmettre plus bas une technique pour allonger ce temps de pose.

Sachez que le chiffre, indiqué en seconde, double systématique : ½ seconde, ¼ de seconde, 1/8, 1/15, 1/30, etc.

 

Choisir une vitesse rapide

Plus la vitesse est élevée, plus l’instant est figé. Voyons ici quelques cas de vitesse rapide :

  • 1/8000e de seconde : figer une voiture de F1 lors d’une course automobile ;
  • 1/1000e de seconde : figer un sportif en pleine action ;
  • 1/500e de seconde : figer son animal de compagnie ou un enfant qui joue ;
  • 1/250e de seconde : figer les mouvements normaux d’une personne.

 

Choisir une vitesse lente

Pour déterminer quelle vitesse d’obturation choisir dans une situation normale, j’ai une technique infaillible que je vais vous livrer tout de suite : la règle du « un pour un ». Prenez la longueur focale de votre objectif et convertissez-là en la vitesse la plus proche. Par exemple :

  • longueur focale de 28 mm : 1/30e de seconde ;
  • longueur focale de 50 mm : 1/60e de seconde :
  • longueur focale de 135 mm : 1/125e de seconde ;
  • etc.

 

Pour rappel, la longueur focale est indiquée en millimètres sur la bague de votre objectif. Elle désigne la distance séparant le système optique du capteur.

Toute vitesse inférieure à celle calculée par la méthode du « un pour un » sera considérée comme lente.

La plupart des appareils photo peuvent être réglés au plus lent à 60 secondes. Cependant, vous pouvez sélectionner le mode « Bulb » qui vous permet d’obtenir un temps de pose plus long en gardant le doigt sur le déclencheur. Cependant, mieux vaut utiliser une télécommande pour déclencher ce mode afin d’éviter le flou de bougé.

choisir vitesse obturation photo

 

Les diaphs

L’intervalle entre chaque valeur de temps est appelé diaph. Par exemple :

  • entre 1/15 et 1/30 : on diminue d’un diaph ;
  • entre 1/250 et 1/125 : on augmente d’un diaph.

À chaque diaph, la lumière double ou diminue de moitié. Concrètement :

  • de 1/500 à 1/250 : 2 fois moins de lumière ;
  • de 1/500 à 1/125 : 4 fois moins de lumière ;
  • de 1/500 à 1/60 : 8 fois moins de lumière ;
  • etc.

Sachez qu’il existe des tiers de diaph. Vous trouverez par exemple les valeurs 1/20 et 1/25 entre 1/15 et 1/30. Donc, pour passer un diaph complet, vous devrez tourner la molette trois fois.

 

Flou de bougé

Tout d’abord, j’attire votre attention sur la différence entre un flou de bougé et un flou de mouvement. Le flou de bougé est involontaire et rarement esthétique, même s’il m’est arrivé d’avoir de bonnes surprises, ce n’était pas voulu. Il est provoqué par un mouvement brusque, un tremblement ou une vitesse d’obturation trop lente.

Le flou de mouvement est, quant à lui, volontaire et donne un effet artistique à la photo. Nous verrons plus bas comment le provoquer.

Lorsque je veux prendre une photographie à vitesse basse, je prends soin de caler mon appareil sur son trépied. En effet, plus la vitesse est lente, plus le risque de flou de bougé est élevé. Je recommande donc toujours d’avoir un trépied sous la main, surtout lorsque l’on souhaite faire de la photo de nuit.

 

Pourquoi régler la vitesse d’obturation ?

Maintenant que je vous ai expliqué ce qu’est la vitesse d’obturation et comment la choisir, passons rapidement en revue les raisons pour lesquelles on peut vouloir changer la durée d’exposition

 

L’intention photographique

La raison principale est simple : une fois que vous avez compris comment marche l’obturateur et le temps de pose, vous savez saisir l’instant et choisir la vitesse en fonction de l’effet que vous souhaitez produire.

 

Le triangle d’exposition

La seconde raison est extrêmement importante, c’est même la base de la photographie : le triangle d’exposition ! Il se compose de :

  • la sensibilité ISO : qui représente le degré auquel le capteur est sensible à la lumière ;
  • l’ouverture du diaphragme : composé de lamelles disposées en cercle à l’intérieur de l’objectif. C’est par cette ouverture que passe la lumière qui vient toucher le capteur ;
  • la vitesse d’obturation.

Tout bon photographe devra connaître les tenants et les aboutissants de ce triangle, afin de trouver l’équilibre parfait. En d’autres termes, vous devrez savoir doser la juste quantité de lumière en jouant sur ces trois paramètres.

 

Les techniques de vitesse d’obturation

Vous est-il déjà arrivé de rester bouche bée devant un super cliché de colibri saisi en plein vol ou d’une ville la nuit où l’on distingue le tracé des phares des voitures ? Eh bien, j’ai une bonne nouvelle pour vous : ce n’est pas si difficile à faire. Il suffit de concilier vitesse et mouvement. Voyons quelques exemples.

 

Figer l’instant

Un bolide de Formule 1 qui donne l’impression de vouloir sortir du cadre ; un guépard sautant sur sa proie ; ou encore un ballon de foot entrant dans un but. Vous croisez sûrement ce genre de photographie dans les journaux ou les magazines. Vous saurez désormais qu’ils ont tous été pris avec une vitesse d’obturation extrêmement rapide, de l’ordre de 1/1 000e à 1/8 000e de seconde.

Flou filé

Voici une technique que j’apprécie particulièrement : le flou filé, qui fait partie des flous de mouvement. Il s’agit de saisir un sujet net en mouvement latéral et de voir le paysage défiler à l’arrière-plan. Par exemple, imaginez-vous dans les rues de Rome, près du Colisée. Vous voyez arriver un joli Vespa rouge et vous décidez de le photographier en flou filé. Il suffit de faire la mise au point sur lui afin qu’il reste net et de déclencher le mode rafale.

régler vitesse obturation photo

 

En eau trouble

L’eau est l’un des éléments que je préfère photographier. Savez-vous que son aspect sur une photo dépend avant tout du temps de pose ?

  • entre 1/4000 et 1/8000 : on arrive à saisir une goutte d’eau qui tombe ;
  • à 1/500 : on obtient une eau nette, telle qu’on la voit à l’œil nu ;
  • à  1/4 : l’eau devient laiteuse, presque blanche ;
  • à 1 minute : l’eau se transforme en une sorte de brouillard.

 

Light painting

Savez-vous écrire sur l’air ? Avec le light painting, c’est possible ! Prenez une source lumineuse, comme une lampe torche ou une bougie, dans une ambiance très sombre, la nuit par exemple. Réglez la vitesse d’obturation sur une pose longue, au minium à 15 secondes, et installez votre appareil sur un trépied photo. Déclenchez la photo et laissez le dessin ou les mots tracés à la lumière s’inscrire sur le capteur.

 

Quelle vitesse d’obturation choisir ?

Maintenant que vous avez compris comment régler la vitesse d’obturation, laissez-moi vous donner mes conseils selon les cas de figure les plus courants.

 

Vive les mariés !

Vos meilleurs amis se marient et ils ont vu les choses en grand ! Ils ont en effet loué une voiture ancienne et décident de faire leur entrée au pas afin que tous les admirent. La voiture roulant lentement, mais étant tout de même en mouvement, mieux vaut sélectionner une vitesse un peu plus rapide, 1/1 000 ou 1/2 000 afin d’être sûr que la photo ne soit pas floue.

 

Enfants

C’est l’anniversaire de votre bout de chou et celui-ci est excité comme une puce. Encore une fois, mieux vaut sélectionner une vitesse rapide afin d’être sûr de ne pas rater sa mine réjouie lorsqu’il déballera ses cadeaux.

 

Mer ou montagne ?

Vous aviez dit à vos amis que vous partiez à la mer et vous leur montrez une photo de montagne, quelle drôle d’idée ? Devant un paysage escarpé, faite la mise au point sur un rocher à mi-distance de l’horizon et réglez la vitesse sur 30 secondes, voire 1 ou 2 minutes. Les vagues deviendront brumeuses et les rochers ressortiront tels des cimes de montagne au milieu des nuages.

 

Scène de nuit

Vous séjourner dans une grande ville, comme New-York ou Tokyo, et vous êtes impressionné par le nombre de véhicules qui circulent la nuit. Cela vous donne une idée. Vous installez votre appareil sur son trépied devant la fenêtre et vous diminuez la vitesse à 15 ou 30 secondes afin de laisser le temps aux phares d’imprimer un tracé rouge sur votre capteur. Et voilà un joli light painting !

réglage vitesse obturation

 

En bref

Nous venons de voir ensemble l’une des notions fondamentales de la photographie. Si nous résumions ? :

  • Qui : vous, moi et tous ceux que la photo intéresse ;
  • Quoi : la vitesse d’obturation, c’est-à-dire la vitesse à laquelle le rideau laisse passer la lumière ;
  • Où : à l’intérieur du boîtier, devant le capteur ;
  • Quand : lorsque vous avez besoin d’équilibrer le triangle d’exposition ou de créer un effet particulier ;
  • Comment : en jouant sur le temps de pose grâce à une molette ;
  • Combien : à partir de 1/8 000e de seconde jusqu’à plusieurs minutes ;
  • Pourquoi : pour prendre de magnifiques clichés en mode manuel et pouvoir vous dire : « c’est moi qui l’ai fait ! »

Vous êtes désormais incollable sur la vitesse d’obturation ! N’hésitez pas à partager cet article avec tous les futurs photographes de votre entourage.

Pour tout comprendre du triangle d’exposition et maîtriser votre appareil comme un pro, je vous invite à consulter mon guide sur la sensibilité ISO ainsi que mon article sur l’ouverture focale.

Pour aller plus loin, pensez à consulter mes programmes de formation. À très vite !